Mes avantages

Prix

    0
    300
    0€
    300€

Spectacle / Événement

Lieu

Expérience

Calendrier

  • Entre   et 

Les tarifs

Académie
Concert et Récital

Concert d’ouverture de la saison Académie

Concert Haydn, Mozart, Gluck : découvrez les nouveaux artistes de l’Académie

Amphithéâtre Olivier Messiaen

le 24 septembre 2026 à 20h00

Paris Opera Play
Ballet

EN DIRECT - L'Histoire de Manon

Vivez en direct les adieux à la scène de la danseuse Étoile Dorothée Gilbert

Palais Garnier

du 28 septembre au 30 octobre 2026

Opéra

Hamlet

Ambroise Thomas

Opéra Bastille

du 18 septembre au 09 octobre 2026

À ne pas manquer

Voir toute la programmation

Concert et Récital

Au Bord de l’eau

Midi musical

Palais Garnier
le 20 septembre 2026 à 12h00
En savoir plus

Opéra

Le Barbier de Séville

Gioacchino Rossini

Opéra Bastille
du 12 septembre au 05 novembre 2026
Réserver

Concert et Récital

Concert-rencontre du 1 octobre

Studio Bastille
le 01 octobre 2026 à 13h00
En savoir plus

La vie de l’Opéra

Voir tous les contenus
  • La Tétralogie de Richard Wagner : Les Dieux
    Article

    La Tétralogie de Richard Wagner : Les Dieux

  • À propos du Barbier de Séville
    Article

    À propos du Barbier de Séville

  • Les Grands Entretiens - Le Crépuscule des dieux
    Vidéo

    Les Grands Entretiens - Le Crépuscule des dieux

  • 5 questions sur : Hamlet
    aria

    5 questions sur : Hamlet

  • À propos de Hamlet
    Article

    À propos de Hamlet

  • Dessine-moi Le Barbier de Séville
    Vidéo

    Dessine-moi Le Barbier de Séville

  • Dessine-moi L'Histoire de Manon
    Vidéo

    Dessine-moi L'Histoire de Manon

  • 5 questions sur : Le Barbier de Séville
    aria

    5 questions sur : Le Barbier de Séville

  • Hamlet, l’outrenoir d’Ambroise Thomas
    Vidéo

    Hamlet, l’outrenoir d’Ambroise Thomas

  • La vraie-fausse histoire du Barbier de Séville
    aria

    La vraie-fausse histoire du Barbier de Séville

© Pablo Grand Mourcel

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Dieux

Lire l’article

Découvrez les personnages

05 min

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Dieux

Par Marion Mirande

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.

Les Dieux

© Pablo Grand Mourcel

Wagner garda sept dieux qui composent le panthéon de la mythologie nordique. Ces dieux représentent l'ordre le plus élevé des êtres dans l'univers. Dans Siegfried, où il apparait sous les traits du Wanderer, Wotan, décrit ses semblables comme "des esprits légers qui habitent les hauteurs nuageuses". Leur quête insensée du pouvoir absolu, représenté par l'or forgé en anneau, les conduira à leur propre destruction.

Wotan

Dieu des dieux, Odin ou Wotan, selon la mythologie nordique ou germanique, est le dieu des morts, de la victoire et de la connaissance. Borgne de l’œil gauche qu’il a sacrifié en échange de la connaissance, il est reconnaissable grâce à sa lance et la présence, à ses côtés, de deux corbeaux, Huginn et Muninn (respectivement « la pensée » et « la mémoire »). Ces attributs se retrouvent dans la figure créée par Wagner. Wotan se présente comme l’archétype de l’homme de pouvoir : insatiable, sans scrupules et hypocrite. Il est le maître du Walhalla, un château perché au sommet des montagnes, manifestation éclatante de sa puissance. Son pouvoir sur le monde est fondé sur des lois et des contrats qui vont progressivement être anéantis. Au fil du livret, son autoritarisme laisse place à une insécurité grandissante. Époux de Fricka, il est également le père des walkyries et celui de Siegmund et Sieglinde. 

Loge

Demi-dieu du feu, Loge est issu du mélange de deux figures mythologiques : Logi et Loki, incarnant tous deux le feu et, également pour le second, la ruse. Dans la Tétralogie, Loge garde cette binarité : il apparaît à la fois comme le dieu du feu et le conseiller habile de Wotan auquel il permet de prendre possession de l’anneau. Il est aussi l’un des rares personnages réellement libres. Il sera le seul à garder ses distances face au système mis en place par Wotan et ne succombera pas à l’attrait de l’anneau. Calculateur, Loge s’amuse à jouer avec les dieux et dispose d’une clairvoyance que ses semblables n’ont pas. Au cours du cycle, il quitte son apparence humaine pour apparaître sous sa forme élémentaire : le feu.     

Fricka

Épouse de Wotan et sœur de Freia, Donner et Froh, Fricka est une divinité inspirée de la déesse Frigg (ou Frigga) dans la mythologie scandinave. Dans la Tétralogie, elle incarne la légalité et la fidélité. Lasse des infidélités de son mari, Fricka cherche à sédentariser Wotan et le pousse à construire une demeure divine pour y résider, le Walhalla. Si Fricka défend l’institution du mariage, elle cherche avant tout à préserver les valeurs originelles de la société divine : le respect des lois et de la morale. Dans La Walkyrie, elle met Wotan face à ses contradictions, en lui rappelant que le garant des lois ne saurait soutenir Siegmund.    

Freyja

Freyja est une divinité essentielle de la mythologie nordique et germanique. D'une grande beauté, elle s'impose comme la déesse de l’amour et de la fertilité. Freia dans la Tétralogie, elle est la sœur de Fricka. Au Walhalla, les dieux ont accès à la jeunesse éternelle grâce à sa culture des pommes d’or. Convoitée dans L’Or du Rhin par Fafner et Fasolt, Freia sert de monnaie d’échange à Wotan qui la promet aux deux géants contre la construction du Walhalla. Sans Freia, les dieux se retrouvent privés de leur source de jouvence et commencent à dépérir.   

Donner

Incarnation de la force et de la puissance, Thor (également nommé Donner) fait partie des divinités les plus populaires de la mythologie germanique. Son attribut est un marteau qui provoque le tonnerre et les éclairs. Présent seulement dans L’Or du Rhin, Donner occupe cependant une place stratégique auprès des autres personnages. Il incarne la figure du chef militaire qui pense en termes guerriers, pour contrer la menace représentée par Alberich. Outil qui évoque la violence, son marteau s’oppose symboliquement à la lance de Wotan, évocatrice de la loi.     

Froh

Aux côtés de Odin et Thor, Freyr est l’un des trois grands dieux de la mythologie germanique. Il incarne la fécondité et est présenté comme le frère de Freyja. Connu sous le nom de Froh dans la Tétralogie, il n’apparaît que dans L’Or du Rhin. Sa persévérance pour défendre Freia et les propos qu’il a pour elle traduisent une grande proximité entre les deux personnages.    

Erda

Inspirée des déesses Jördh et Gaïa des mythologies nordique et grecque, Erda est la déesse-mère de la Terre. Elle incarne la sagesse ancestrale, intuitive et prophétique. Véritable pythie, elle connaît, tout à la fois, le passé, le présent et le futur. Mère des nornes qui tissent les destinées, elle détient le savoir universel. Dans L’Or du Rhin, elle éveille le doute et l’angoisse chez Wotan, en le mettant en garde contre son goût du pouvoir qui risque de provoquer sa chute. En engendrant Brünnhilde avec ce dernier, elle met au monde celle par qui viendra le salut de l’univers. Dans Siegfried, Wotan, sous l’identité du Wanderer, interpelle une dernière fois Erda lors d’une scène qui scelle leurs antagonismes.    

© Agathe Poupeney / OnP

À propos du Barbier de Séville

Lire l’article

07 min

À propos du Barbier de Séville

Par Damiano Michieletto

METTRE EN SCÈNE LES RYTHMES ROSSINIENS

Il se trouve que, comme Rossini, je suis Italien. Est-ce la raison pour laquelle j’apprécie autant son art ? Je ne le crois pas. Ce n’est pas une question de nationalité, de consanguinité, mais d’affinité. J’aime le brio qui transparaît en permanence dans sa musique. J’aime la veine burlesque de son orchestration. Les personnages du Barbier de Séville sont profondément enracinés dans la tradition de la commedia dell’arte et de ses types : le vieillard amoureux d’une jeune fille (Pantalone), le valet ingénieux (Arlecchino), Colombina, il Dottore… Ces masques sont originaires de Venise. Ce n’est pas le seul lien entre Rossini et le théâtre vénitien : certaines de ses oeuvres – les opéras en un acte, les farces telles que La Scala di seta (L’Échelle de soie) ou Il signor Bruschino – ont été composées pour le carnaval de Venise. Or, je suis moi-même originaire de Venise. Ma famille était très ancrée dans cette région qui, jusqu’à mes 20 ans, constituait mon cadre de vie, mon horizon : j’ai bu cette ambiance, j’ai absorbé cette atmosphère. Cet univers, ces personnages sont donc très proches de mon imaginaire, de ma fantaisie.

Pour autant, il n’est pas question pour moi de me contenter de plaquer un masque sur les visages des interprètes. Je préfère appréhender les oeuvres de Rossini en m’appuyant sur des références totalement modernes, parce que je suis convaincu qu’elles nous parlent de notre monde et qu’il faut aller puiser dans notre quotidien les moyens de raconter ses histoires.

 Je pars toujours d’une ambiance : dans le cas du Barbier de Séville, celle d’un quartier populaire espagnol contemporain. Cette image, qui se présente à moi, n’est liée à aucune représentation précise de l’Espagne. Ce pourrait être un quartier de n’importe quel pays méditerranéen. Il s’agit avant tout d’un prétexte pour pénétrer le coeur du livret et donner vie à ses personnages. Bien sûr, tout ce qui appartient à ma culture personnelle rejaillit dans mes spectacles. Almodovar, sans doute, tant son cinéma est pour moi une intarissable source d’inspiration. Mais ces références culturelles et artistiques ne sont pas premières dans le processus de création. Dans un premier temps, il est important pour moi de me fonder uniquement sur le livret et la musique. C’est seulement par la suite que ce canevas s’enrichit d’éléments issus de mon imaginaire, qui permettent de nourrir, de densifier les personnages.

Dans Le Barbier de Séville, Rossini est parvenu à réaliser la synthèse d’une micro-société. Les personnages sont tellement typés qu’il s’agit presque d’une caricature d’opéra : cela en rend délicate toute mise en scène. À cela, il faut ajouter le nombre intimidant de metteurs en scène de renom qui s’y sont attaqués. Dans la mise en scène que j’ai conçue, j’ai avant tout voulu sortir des stéréotypes et souligner l’humanité des personnages : raconter l’histoire le plus fidèlement possible, sans complexifier à outrance, sans rechercher la double-lecture – afin que mon discours soit accessible au grand public – tout en conservant le rythme de la partition. Le rythme est fondamental chez Rossini, que ce soit dans les airs, dans les ensembles ou dans les parties concertantes. C’est aussi frappant dans Le Barbier de Séville que dans La Cenerentola. Pour maintenir ce rythme, nous avons imaginé un dispositif scénique complexe, qui évolue crescendo au fil du spectacle : une scénographie qui épouse les accélérations et les respirations de l’oeuvre.

Je collabore avec Paolo Fantin, qui a signé les scénographies de toutes mes productions. Partant d’une idée initiale que je lui communique, nous disputons ensuite tous deux un véritable match de tennis, avec des échanges très intenses, afin d’aboutir à un objet absolument homogène. Le but est de mêler intimement scénographie et mise en scène de manière à ce que personne ne puisse dire ce qui relève de lui ou de moi. C’est ma conception de l’opéra : non pas une démarche individuelle qui viserait à traduire l’imaginaire d’un artiste, mais plutôt un amalgame de talents divers au service d’une oeuvre… Pour ce Barbier de Séville, par exemple, j’ai imaginé que tout le spectacle tournerait autour de l’immeuble de Bartolo. C’était le point de départ. Mais partant de ce principe, comment tenir sur la longueur, parvenir à raconter toute l’histoire sans jamais s’essouffler, sans jamais donner l’impression que l’on se répète, en parvenant à se renouveler à chaque scène ?

Au sortir de mes études de mise en scène à l’École d’Art dramatique Paolo Grassi de Milan, j’ai d’abord monté des productions de théâtre en prose avec de petites compagnies, avant de commencer à travailler dans l’univers de l’opéra. L’opéra et le théâtre sont deux mondes bien distincts. Comédiens et chanteurs sont psychologiquement très différents. Les premiers ont le texte pour seule base de travail, sans chef d’orchestre ni musique. Ils doivent créer leur propre partition, à partir du rythme et de l’intonation. Au contraire, les seconds se protègent parfois derrière la partition. Tout mon travail est alors de les amener à se libérer de cette protection factice, à sortir de leur carapace musicale pour construire une présence scénique.

Est-ce que j’ai un style personnel, une griffe qui reviendrait au fil des productions ? Difficile à dire. Les spectacles se suivent mais ne se ressemblent pas. Chaque nouvelle production me lance un nouveau défi. J’aime repartir à zéro, comme si c’était le tout premier opéra que je mettais en scène. Au fond, cette question ne m’intéresse pas. Je me méfie des artistes qui déclarent avoir un style. Je préfère parler de tempérament : parce qu’une mise en scène se joue d’abord dans ma relation aux interprètes. Je suis face à eux et je leur communique mes idées, avec ma personnalité. J’essaie de fixer clairement la direction dans laquelle je veux que nous allions. Puis je les incite à trouver leur propre voie pour y parvenir. Pour prendre une métaphore, c’est un peu comme si je vous demandais d’aller à Milan, mais que vous pouviez y aller en train, en voiture ou en vélo… Que l’important était juste d’y arriver. Je leur dis : « Sentezvous libres, laissez libre court à votre imagination, à vos envies. » Les chanteurs avec lesquels je travaille ont déjà incarné ces personnages dans d’autres productions. Ils les ont joués un nombre incalculable de fois. Je ne leur demande surtout pas d’en faire table rase. Il est important d’utiliser ce déjà-là, de puiser dans cette conscience. Je veux que chacun se sente responsable de ce qu’il fait. Au final, ce sont eux qui entreront en scène, pas moi. Alors je leur dis : « Vous devez être satisfaits, fiers de ce que vous faites, vous faire plaisir. » Plus que tout, je déteste quand un interprète se retrouve sur scène sans savoir pourquoi, qu’il fait quelque chose juste parce que le metteur en scène le lui a demandé. Voilà pour le style : c’est ce rapport que j’essaie d’établir avec les chanteurs qui détermine ma façon de raconter les histoires.

Les Grands Entretiens - Le Crépuscule des dieux

Lire la vidéo

Pablo Heras-Casado, Alexander Neef

17:11 min

Les Grands Entretiens - Le Crépuscule des dieux

Par Isabelle Stibbe

Quand un artiste rencontre le directeur général de l’Opéra national de Paris ou son directeur de la Danse, que se disent-ils ? Pour la deuxième saison de la série Les Grands Entretiens, l’Opéra de Paris dévoile les arcanes de la programmation artistique des nouvelles productions de la saison 26/27. Choix des artistes invités, thèmes privilégiés, intentions de mise en scène ou styles chorégraphiques : ces échanges exclusifs de quinze à trente minutes vous donnent les premières clefs de lecture des œuvres bientôt à l’affiche.

Alexander Neef, directeur général de l’Opéra national de Paris, et Pablo Heras-Casado, chef d’orchestre, croisent leurs regards sur Le Crépuscule des dieux, point final de la Tétralogie de Richard Wagner dans la nouvelle production de Calixto Bieito.  

5 questions sur : Hamlet

Découvrir

01 min

5 questions sur : Hamlet

Par aria

Incité par le spectre de son père à venger sa mort, Hamlet se présente tel un grand personnage tragique, incapable d’exister par lui-même et d’écrire une vie décorrélée de ses parents et de leur destin. L’impossible émancipation face à la figure paternelle complexifie le lien à la mère. En héritier de son père, Hamlet est confronté à la situation freudienne d’OEdipe, tiraillé entre amour filial et désir sexuel.

© Elisa Haberer / OnP

À propos de Hamlet

Lire l’article

07 min

À propos de Hamlet

Par Christian Longchamp

Hamlet ne meurt pas. Hamlet survit, ravagé, longtemps, très longtemps, interminablement, avec à l’esprit un fardeau qui le courbe, l’oppresse, l’obsède : l’assassinat de son père, la trahison de sa mère et la mort d’Ophélie. Hamlet, dans l’opéra d’Ambroise Thomas, n’entre pas dans la nuit définitive, à la différence du héros de la tragédie de Shakespeare, et cela change toute la perspective, toute l’appréhension que nous en avons. Ici, au terme du cinquième acte, il sort vivant, brûlé intérieurement, mais vivant. Et ce n’est pas le seul spectre de son père qui va le hanter, mais l’accumulation de désastres dont il est et restera jusqu’à sa mort le dépositaire. Hamlet est une des formes de Sisyphe. Il porte en lui inlassablement des fantômes qui ne le lâchent pas. « The Time is Out of Joint », déclare Hamlet sous la plume de Shakespeare après avoir vu le spectre de son père. « Le temps est détraqué » chez Hamlet le survivant. Tout se mêle dans un cauchemar dont il est le protagoniste, la victime et le perpétuel auteur.

Hamlet-Hamlet. Donner, imposer au fils son prénom, c’est délibérément chercher à l’encager dans une constante comparaison avec le modèle, la figure du père, la figure de l’ordre, la figure du pouvoir. C’est l’assigner par le plus intime, son identité, à un destin : tu seras à la hauteur de ton père, ou tu ne seras pas.
Un formidable dessin de Johann H. Füssli s’intitule L’Artiste désespéré devant la grandeur des ruines antiques. Hamlet ou le fils désespéré devant la grandeur d’une ruine omniprésente, Hamlet, son père.
Attribuer au fils son propre nom, c’est aussi pour le père entendre la mère déclarer son amour, une autre forme d’amour, à ce petit homme issu de son sexe en employant son prénom. La vie émotionnelle de Gertrude réduite alors à Hamlet-Hamlet. Claudius ou l’homme-luxure qui a permis à la mère de s’affranchir de la dictature Hamlet-Hamlet. Pour le fils, l’enfant, l’adolescent, porter le nom de son père, c’est voir sa mère exprimer un amour d’un autre ordre à un homme qui porte le même prénom, à un Hamlet qui a accès à son lit, à sa bouche, à ses seins, à ses cuisses. Un Hamlet a accès à l’origine du monde. L’autre en est issu et n’y retournera pas. Sauf si…
Hamlet-Hamlet la soumission. Hamlet-Hamlet la confusion. Hamlet-Hamlet la frustration.

À Hamlet le fils-adulte, le prince-vierge, est révélée une vérité insoupçonnée, inconcevable, irreprésentable : sa mère aime le sexe. Et cette vérité est dévoilée par Hamlet le père-spectre.
C’est par la mort que le voile est levé sur la jouissance de la mère. Oui, Gertrude et Claudius s’enlaçaient avant même l’assassinat du père. Cataclysme pour le fils. Sa mère fantasme, sa mère jouit. Hamlet le fils-adulte découvre que sa mère est une femme, qu’elle est traversée de désirs charnels, qu’elle est infiniment plus que l’image qu’il s’en faisait. Accablement d’Hamlet le fils-adulte habité par des désirs non réalisés face aux désirs de sa mère, face à la liberté de sa mère d’offrir son corps aux désirs d’un autre homme. Se venger alors. Se venger de l’abolition d’une image adorée, de l’image de la mère-dufils- adulte-et-du-prince-vierge, de la mère-épouse-du-père, de la mère-image au profit de la mère-bête, de la mère-souillée, de la mère-démon, de la mère-inconnue. Se venger de la mère-putain, mais comment ? Lui infliger ce soudain désir démentiel, incestueux, alimenté par toutes les images qu’il produit de sa mère s’offrant, s’ouvrant ? Ce désir l’anime, ce désir le détruit. Sa mère ne sera plus jamais sa mère. Sa mère sera à tout jamais sa mère.

Oreste devant le corps de Clytemnestre encore pleine d’Egisthe. Hamlet devant le corps de Gertrude encore pleine de Claudius. Les Grecs. Shakespeare.

Ophélie-la vie, Ophélie-la joie, Ophélie-le rêve. Ophélie est la promesse. Mais est-elle prête à tout offrir à Hamlet parce qu’elle ignore tout ce qu’elle est ? Possède-t-elle sans le savoir encore cette puissance de luxure qui est plus forte que toutes les armées ? Gertrude fut un jour sans doute, elle aussi, la vie, la joie, le rêve pour Hamlet-le père. Une promesse. Un bonheur. Alors qui est Ophélie ? Polonius, son père, Laërte, son frère, sont là pour l’encadrer, la surveiller, pour s’assurer que leur fantasme de pureté ne percute le mur de la sexualité de la fille, de la soeur. Car les pères, les frères comme les fils sont ainsi faits qu’ils craignent les femmes, qu’ils redoutent la complexité, qu’ils s’épouvantent en envisageant, en dévisageant, le désir féminin. Marque indélébile de la société patriarcale. Oui, Ophélie est une promesse mais que les tourments de son entourage vont broyer. Une fleur de désirs sectionnée à l’aube.

La figure du clown. L’ambiguïté de l’excès qu’instaure le clown. Il brouille la frontière entre le réel et l’imaginaire, comme le spectre la limite entre l’être et le néant. Le clown dissimule ou surexpose ses émotions. Il est un spectre qui interroge l’intégrité du moi. Dans l’imaginaire de l’enfance, le clown est l’infiniment proche qui élargit le lointain. Par son inquiétante étrangeté, il métamorphose les valeurs, le genre, et ouvre à une autre réalité.
Ici, à Hamlet-le fils, Hamlet-le père réapparaît d’entre les morts sous la forme d’un clown. Ou du moins est-ce ainsi que le fils « voit » le père. Ainsi Hamlet-le fils ne sera à jamais qu’un adulte à demi. Oui, Papa fait le clown. Il revient à la vie et fait le clown. Dans la mort, le roi a perdu sa dignité de souverain pour gagner celle de clown. Il impose à Hamlet-le fils-à-toutjamais- fils l’imaginaire de l’enfance. « Au nom du père, du clown et de la folie dans laquelle tu survis, mon fils, je t’en conjure, ne grandis pas ». Hamlet-le fils ne sera jamais vraiment un adulte. Et si le clown exige la mort de Claudius, si le clown exige vengeance, c’est, par la forme de son apparition, en fragilisant plus encore le sol sous les pieds d’Hamlet. « Suis-je fils d’un roi ou fils d’un clown ? », « si je conçois avec difficulté ce que peut être la mort pour un homme, qu’est-ce que la mort pour un clown ? », « et qui suis-je moi qui me fais couronner roi par un clown ? », « suis-je le Roi de Danemark ou le Roi des clowns ? », « qui suis-je ? tout n’est-donc que théâtre ? » ; « oui, mon fils, mais, tu le sais, c’est par le théâtre que se révèle la vérité, même la plus insensée ».

Dans un café bruxellois, un homme est entré et au bar a commandé une boisson. C’était un dimanche de janvier. Le ciel était gris, le vent froid. Quel âge pouvait-il avoir ? 40-45 ans ? Grand, habillé avec soin apparemment, élégamment. Je ne l’ai vu que de dos tout d’abord, je n’ai vu que son dos et les bretelles croisées d’un porte-bébé. Il bougeait légèrement le haut du corps pour calmer, pour endormir son enfant. Puis il s’est déplacé. Et là j’ai vu. J’ai vu non plus le dos, mais le beau visage et la poitrine de cet homme. Et j’ai vu une peluche de la taille d’un bébé contre son corps, sous son menton. Une peluche, un petit ours, en lieu et place d’un bébé. Et toujours ce mouvement calme, tendre, pour le bercer. Quelle détresse cache la folie ? Contre quelle violence la folie protège-t-elle ?

Dessine-moi Le Barbier de Séville

Lire la vidéo

Une minute pour comprendre l’intrigue

1:10 min

Dessine-moi Le Barbier de Séville

Par Matthieu Pajot

S’inspirant de la comédie de Beaumarchais, Rossini en conserve toute la fougue pour créer ce bouillonnant opera buffa.

Originaire de Venise, berceau de la commedia dell’arte, Damiano Michieletto est sensible à la veine burlesque de la musique rossinienne. Il transpose l’action de cette « précaution inutile » dans une Séville contemporaine inspirée du cinéma d’Almodóvar.

L’immeuble monumental de Bartolo, au sein duquel Figaro tourbillonne en électron libre, permet au metteur en scène de donner libre cours à son imagination déjantée.

Dessine-moi L'Histoire de Manon

Lire la vidéo

Une minute pour comprendre l’intrigue

1:28 min

Dessine-moi L'Histoire de Manon

Par Pajot Matthieu

© Agathe Poupeney / OnP

5 questions sur : Le Barbier de Séville

Découvrir

01 min

5 questions sur : Le Barbier de Séville

Par aria

Rossini n’a que vingt‑quatre ans lorsque le duc Francesco Sforza Cesarini, impresario du Teatro Argentina de Rome, lui commande un nouvel opéra. Le jeune compositeur italien, qui a déjà écrit une quinzaine d’opéras, doit travailler dans un calendrier extrêmement exigeant : la création est prévue deux mois plus tard.

Le temps que le librettiste Cesare Sterbini signe son contrat, il ne reste qu’un mois, pendant lequel Rossini écrit la musique en parallèle au texte à une vitesse qui égale celle des meilleurs copistes.  

© Elena Bauer / OnP

Hamlet, l’outrenoir d’Ambroise Thomas

Lire la vidéo

Entretien avec Pierre Dumoussaud

6:12 min

Hamlet, l’outrenoir d’Ambroise Thomas

Par Marion Mirande

Absent de la scène de l’Opéra de Paris depuis près d’une décennie, Hamlet d’Ambroise Thomas est pour la première fois donné sur la scène de l’Opéra Bastille dans une nouvelle production de Krzysztof Warlikowski, sous la direction de Pierre Dumoussaud.

Créé en 1868, quelques mois après Don Carlos de Verdi, l’œuvre de Thomas fait figure d’objet musical et théâtral singulier comme l’explique le chef d’orchestre.  

© Agathe Poupeney / OnP

La vraie-fausse histoire du Barbier de Séville

Découvrir

01 min

La vraie-fausse histoire du Barbier de Séville

Par Octave

Un tuteur qui veut épouser sa pupille, un barbier coquin et un amoureux transi… Bref, les feux de l’amour version espagnole. Saurez-vous démêler le vrai du faux de l’histoire du Barbier de Séville de Rossini ? A vous de jouer !   

Actualités

Voir toute l’actualité
  • En savoir plus

    03 septembre 2026

    Nouveau

    Installation d’une maquette exceptionnelle du Palais Garnier pour mieux faire découvrir le théâtre et ses coulisses

  • En savoir plus

    04 septembre 2026

    La Walkyrie : changement de distribution

  • En savoir plus

    17 juin 2026

    Suivez une danseuse Étoile dans les coulisses du Palais Garnier grâce à une nouvelle expérience VR immersive

  • En savoir plus

    14 juillet 2026

    Artistes engagés dans la promotion 2026 du Junior Ballet de l'Opéra de Paris

  • En savoir plus

    04 juillet 2026

    Résultats du concours externe d'entrée dans le corps de Ballet de l'Opéra national de Paris

  • En savoir plus

    30 juin 2026

    Résultats du concours de recrutement interne du Ballet de l'Opéra 2026

  • En savoir plus

    25 juin 2026

    L’AROP et l’Opéra lancent un Cercle International de l’Opéra national de Paris

  • En savoir plus

    21 juin 2026

    Thomas Docquir nommé Danseur Étoile de l’Opéra national de Paris

  • En savoir plus

    10 juin 2026

    Le Barbier de Séville : changement de distribution

  • En savoir plus

    10 juin 2026

    SALOMON devient l’équipementier officiel du Ballet de l’Opéra national de Paris

L’Opéra en streaming

POP - Paris Opera Play

Avec POP, le site de streaming de l'Opéra de Paris, regardez nos plus beaux spectacles où que vous soyez.

Découvrir

Essai gratuit 7 jours

Plongez dans l’univers Opéra de Paris

Haut de Page